• 2 sept.

L'OPTIMISATION À +1,33 IL ET L’INTOX DU « FULL FRAME »

On vous a fait croire que le petit format 24×36, que le marketing appelle « full frame », était un format supérieur et surtout un « grand capteur ».

C’est faux.

Le petit 24×36 appartient à la famille du petit format. Et l’optimisation à +1,33 IL y fonctionne parfaitement, tout comme sur n’importe quel autre capteur : le petit 24×36 n’a absolument aucune supériorité sur ce point.

Il existe d’ailleurs des capteurs numériques 70 % plus grands, et d’autres 150 % plus grands.

Et ce n’est que le début de l’intox : « full frame » ne veut même pas dire « 24×36 ».

« Full frame » ne veut pas dire « 24×36 »

Le Hasselblad X2D II utilise par exemple un capteur de 43,8 × 32,9 mm, soit environ 70 % plus grand en surface qu’un petit 24×36. Les grands capteurs moyen format comme celui de mon Hasselblad H5D-60 atteignent 53,4 × 40 mm, soit environ 150 % de surface supplémentaire.

Techniquement, « full frame » signifie qu’un capteur couvre l’intégralité du format de référence considéré. Dans la famille du petit 24×36, un capteur « full frame » mesure donc 24 × 36 mm. Mais dans la famille du moyen format 4,5×6, il existe également des capteurs « full frame », autour de 53,4 × 40 mm. Phase One utilise d’ailleurs explicitement l’appellation « Full frame 645 ».

« Full frame » n’est donc absolument pas le nom du 24×36.

La bêtise du marketing français

Et en France, on est allé encore plus loin en traduisant « full frame » par « plein format ».

« Frame » signifie cadre, pas format. La traduction littérale est donc « plein cadre », terme d’ailleurs utilisé au Québec. En parlant de « plein format », on introduit artificiellement l’idée qu’il existerait un format « plein », et donc que le petit 24×36 serait en quelque sorte le format complet, le vrai format, auquel les autres seraient inférieurs.

C’est faux.

Le petit 24×36 est simplement un petit format parmi d’autres. Il est performant dans beaucoup de domaines, mais ses qualités sont très largement exagérées par le marketing pour vous vendre du matériel plus gros, plus lourd et surtout plus cher.

Le moyen format est d’ailleurs largement supérieur au petit 24×36 dans de nombreux domaines importants en photographie de portrait. C’est notamment la raison pour laquelle je n’utilise pas de 24×36 : j’utilise du moyen format et, en petit format, du Micro 4:3. Les deux sont parfaitement complémentaires.

Fujifilm ajoute encore à la confusion en appelant officiellement « grand format » son GFX de 43,8 × 32,9 mm, alors qu’il s’agit d’un petit capteur moyen format. C’est soit un mensonge marketing, soit de l’incompétence dans l’utilisation des termes photographiques, soit les deux.

Le résultat est toujours le même : on remplace les véritables notions photographiques par un vocabulaire marketing, puis on utilise ce vocabulaire pour fabriquer une hiérarchie qui n’existe pas.

Et commercialement, ils auraient tort de s’en priver puisque ça marche ! Combien de photographes sont aujourd’hui persuadés que le petit 24×36 est forcément supérieur à l’APS-C ou au Micro 4:3 simplement parce qu’on leur a présenté le « full frame » comme l’aboutissement naturel ?

Pour avoir utilisé tout ce qui se fait de mieux en photographie depuis plus de 55 ans, je peux vous assurer que ce n’est absolument pas le cas.

J’ai même eu quelqu’un qui ricanait de manière arrogante parce que je précisais que le type de petit format que j’utilisais était le petit 24×36. C’était l’exemple parfait de quelqu’un qui s’était fait avoir par le marketing et qui pensait naïvement que son petit 24×36 « full frame » possédait un grand capteur. CQFD.

Pour rappel, parmi les petits formats numériques, on trouve notamment le 24×36, l’APS-H, l’APS-C et le Micro 4:3.

Si je peux donc vous donner un conseil : fuyez les notions inventées par le marketing. La meilleure protection reste la formation et la culture photographique : plus vous connaissez votre domaine, moins le marketing peut vous imposer son vocabulaire et, avec lui, sa manière de vous faire voir les choses.