• 4 août

L’OPTIMISATION À +1,33 IL N’EST PAS UNE CORRECTION D’EXPOSITION À +1,3 IL

On ne peut réaliser une optimisation d’exposition qu’en mesure incidente, à l’aide d’un posemètre. On ne peut pas non plus la réaliser sur un JPEG, puisque celui-ci a déjà subi le rendu et les limitations du boîtier. Une correction de +1,3 IL appliquée à la mesure réfléchie automatique de l’appareil ne peut donc pas être comparée à une optimisation à +1,33 IL. Les schémas ci-dessous expliquent pourquoi.

Ne serait-ce que pour ces raisons, une correction d’exposition de +1,3 IL, appliquée dans le boîtier à partir de sa mesure réfléchie automatique, ne peut ni produire le même résultat ni être comparée à une mesure incidente.

Nous allons expliquer pourquoi. Mais le simple fait de vouloir comparer ces deux opérations montre déjà que les principes fondamentaux de la mesure de la lumière ne sont pas compris.

Introduction

Les enquêtes montrent que beaucoup de photographes ne comprennent pas correctement l’histogramme ni la surexposition. Ils essaient alors d’optimiser leur exposition en déplaçant l’histogramme vers la droite.

Or, on ne peut pas réaliser une optimisation d’exposition à partir de l’histogramme. J’insiste : on ne peut pas réaliser une optimisation d’exposition à partir de l’histogramme.

L’histogramme dépend du contenu de la scène et du JPEG intégré au boîtier. Il ne fournit donc aucune référence constante permettant de déterminer une optimisation à +1,33 IL.

+1,33 Il… Oui, Mais Par Rapport À Quoi ?

Toutes les cellules de mesure sont étalonnées de manière à considérer une surface de référence comme correspondant à une exposition normale. Cette surface est une charte grise 18 %, qui réfléchit environ 18 % de la lumière qu'elle reçoit. Elle constitue le point de référence de la mesure et correspond à 0 IL.

Une surface blanche mate se situe environ à +2 IL par rapport à cette référence, tandis que la limite d'écrêtage du capteur se trouve approximativement à +3,33 IL.

Il reste donc environ +1,33 IL entre le blanc de référence et la saturation du capteur. C'est cette marge qui est exploitée lors de l'optimisation d'exposition.

Il ne s’agit donc pas d’ajouter arbitrairement +1,33 IL à une exposition calculée par le boîtier.

Comment Lire Le Schéma ?

La ligne blanche verticale représente la limite droite de l’histogramme du JPEG.

Le mot écrêtage signifie que les valeurs claires sont cramées : elles ont atteint la valeur maximale que le JPEG peut enregistrer. Les détails correspondants sont définitivement perdus dans le JPEG.

Toute la partie rouge située à droite de cette ligne n’apparaît pas sur l’histogramme de votre appareil photo. Elle est remplacée par l’avertisseur de surexposition, qui fait clignoter les zones concernées sur l’écran LCD de l’appareil photo.

Ces zones sont écrêtées (cramées) dans le JPEG, mais elles ne sont pas cramées dans le RAW.


La ligne rouge verticale, placée plus à droite, représente la référence correspondant à l’optimisation à +1,33 IL, déterminée par une mesure incidente au posemètre.

L’appareil photo ne sait pas où se trouve cette ligne rouge et ne peut pas le savoir à partir de son histogramme, puisque celui-ci dépend de la lumière réfléchie par la scène et du JPEG intégré au boîtier.

Seule une mesure incidente, réalisée avec un posemètre, permet de déterminer cette référence.

1. Scène Sombre

L’histogramme représente la scène avant la correction d’exposition. La flèche montre le déplacement produit par une correction de +1,3 IL. Sur le schéma, la longueur de la flèche est exagérée.

Comme la scène est sombre, l’histogramme reste très à gauche. Même après cette correction, il demeure loin de la référence correspondant à l’optimisation à +1,33 IL.

2. Scène Claire

Cette fois, l’histogramme de départ est déjà regroupé vers la droite.

La même correction de +1,3 IL pousse une petite partie des valeurs au-delà de la limite du JPEG. Elles apparaissent en rouge sur le schéma : elles sont donc cramées (dans le jpg uniquement)

La correction est identique, mais son résultat change totalement parce que l’histogramme dépend de la lumière réfléchie par la scène.

Et on voit également que ceci ne peut pas fonctionner en JPEG

3. Scène Claire Optimisée À +1,33 Il

Dans ce troisième cas, l’exposition est déterminée par une mesure incidente au posemètre, puis optimisée à +1,33 IL.

La mesure est faite avant la prise de vue, et on la fait même en l'absence de l'appareil photo. Donc bien évidemment on ne se sert pas de l'histogramme puisque l'histogramme n'existe pas à ce stade. Par ailleurs, sur mon boîtier, l'histogramme et l'indicateur de surexposition ne sont jamais activés : je ne m'en sers pas car je n'en ai pas besoin.

Une partie des hautes lumières dépasse la limite du JPEG. Le JPEG les considère comme cramées, mais elles ne le sont pas dans le RAW. L’exposition a été calculée précisément pour exploiter toute la dynamique du capteur sans jamais écrêter le RAW.

La référence ne dépend pas de la position de l’histogramme, mais de la lumière qui arrive sur le sujet.

Pourquoi Les Deux Méthodes Ne Sont Pas Comparables

Une correction de +1,3 IL agit sur l’automatisme de mesure réfléchie du boîtier. Elle décale simplement le résultat calculé par l’appareil.

L’optimisation à +1,33 IL repose au contraire sur une mesure incidente, indépendante du contenu sombre ou clair de la scène. Elle est même, indépendante du boitier !

La première part donc d’une référence variable. La seconde utilise une référence constante.

Ceci explique pourquoi l'histogramme n’est PAS un instrument de mesure, et pourquoi vous devez impérativement mesurer la lumière en photographie, comme le font les maitres, les grands professionnels et tous les Photographes sérieux.

Pourquoi Utiliser Un Posemètre ?

Le posemètre mesure directement la lumière qui éclaire le sujet. Il permet de s’affranchir d’une mesure sur une charte grise, une feuille blanche ou un autre repère placé dans la scène.

C’est l’outil utilisé depuis toujours par de grands photographes comme Ansel Adams, Patrick Demarchelier, Peter Lindbergh et Paolo Roversi.

Et ce n’est pas seulement un héritage de l’époque argentique. Victor Demarchelier, photographe d’une génération plus jeune, qui a connu le numérique et travaille en numérique, utilise encore aujourd’hui un posemètre.

Ce n’est pas un hasard. Pour mesurer la lumière professionnellement, même lorsque l’on est amateur, le posemètre reste l’outil de référence.

Conclusion

L’optimisation à +1,33 IL n’est ni une correction de +1,3 IL, ni une manière d’« exposer à droite ».

L’histogramme est une statistique de la lumière réfléchie, construite à partir du JPEG du boîtier. La mesure incidente au posemètre mesure la lumière reçue par le sujet.

Ces deux méthodes ne reposent donc ni sur la même mesure, ni sur la même référence.