• 19 sept.

POURQUOI OPTIMISER L’EXPOSITION ? — N°2 : LE NÉGATIF NOIR & BLANC

Le négatif noir et blanc : exposer pour les ombres

L’optimisation de l’exposition n’est pas née avec le numérique. En argentique noir et blanc, on cherchait déjà à placer volontairement l’exposition de manière à obtenir un négatif offrant le maximum de possibilités au développement et au tirage.

Avec le négatif noir et blanc, une pratique classique consiste à exposer davantage, typiquement de l’ordre de +1 IL, afin de donner suffisamment d’exposition aux valeurs sombres.

Il ne s’agit pas de corriger une erreur de mesure, mais bien de choisir volontairement une exposition particulière dès la prise de vue, adaptée au comportement du négatif.

Le principe est bien connu : exposer pour les ombres, développer pour les hautes lumières.

Les ombres ont besoin de recevoir suffisamment de lumière pour enregistrer de la matière. Une zone sombre insuffisamment exposée ne pourra pas être recréée ensuite au développement ou au tirage : l’information qui n’a pas été enregistrée sur le négatif n’existe tout simplement pas.

En exposant davantage, on obtient donc plus de matière dans les ombres, davantage de nuances dans les gris et une gradation plus riche. Le négatif offre alors davantage de possibilités au développement et au tirage.

Les hautes lumières sont ensuite contrôlées au développement. C’est cette combinaison entre exposition et développement qui permet de placer les différentes valeurs de l’image là où on le souhaite.

Là encore, il s’agit bien d’une forme d’optimisation : on ne cherche pas simplement une exposition considérée comme « correcte ». On adapte volontairement l’exposition aux caractéristiques du support afin d’obtenir le négatif le plus exploitable possible.

Une photo réalisée en négatif argentique N&B, optimisée à +1 IL — Moyen Format


Argentique et numérique : deux phénomènes différents

Il faut cependant bien distinguer ce qui se passe en argentique de ce qui se passe en numérique. Dans les deux cas, l’exposition modifie ce qui est enregistré, mais elle n’agit pas sur la même chose.

En argentique — l’exposition agit sur la densité de l’image obtenue dans l’émulsion. Selon la quantité de lumière reçue et le traitement du film, le support présente des densités optiques différentes : c’est une logique de densitométrie. Dans le cas du négatif noir et blanc, exposer davantage permet ainsi d’enregistrer davantage de matière dans les valeurs sombres.

En numérique — le mécanisme est différent. Le capteur transforme la lumière reçue en signal, puis ce signal est converti en données numériques. L’exposition détermine donc directement la quantité de signal enregistrée. Plus le capteur reçoit de lumière, tant que les hautes lumières ne sont pas écrêtées, plus le fichier dispose de signal exploitable : davantage de nuances, de meilleures transitions, un meilleur rapport signal/bruit et une plus grande souplesse au développement.

En numérique, la logique de travail s’inverse : on expose pour les hautes lumières et on développe pour les basses lumières.

La différence fondamentale est donc simple : en argentique, l’exposition fait varier la densité du support ; en numérique, elle fait varier la quantité de signal enregistrée et, avec elle, la richesse exploitable du fichier.